Travail des enfants / Des données du phénomène à Soubré et  San Pedro (papier d’éclairage)

San Pedro, 23 déc (AIP) –  Des acteurs de la mise en œuvre du système d’observation et de suivi du travail des enfants en Côte d’Ivoire (SOSTECI) ont présenté les résultats d’un recueil partiel de données sur le phénomène des pires formes de travail des enfants dans les départements de Soubré et San Pedro, à l’occasion d’un atelier des parties prenantes au SOSTECI, tenu lundi et mardi à San Pedro sur l’initiative du comité interministériel de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants.

Livrées par le coordonnateur central du SOSTECI chargé de l’analyse des données, Dr Koné Koko Siaka, les données collectées dans six localités de Soubré et neuf de San Pedro ont été réalisées dans la période de mars à octobre 2015, sur 1007 utilisateurs d’enfants et 1911 enfants travailleurs dans la tranche d’âges de 5 à 16 ans.

Six enfants travailleurs sur dix, a-t-on noté,  sont des garçons, et la plupart des enfants travailleurs sont en majorité dans leur famille biologique, c’est-à-dire dans des familles où leurs deux parents biologiques sont présents. Ce qui indique «une marginalité du phénomène de la traite des enfants » dans les localités visées, a souligné Dr Koné.

L’on note également qu’un enfant sur deux va à l’école et travaille pendant ses temps de repos et et qu’un enfant sur deux travaille de façon exclusive et ne va donc pas à l’école.

Les secteurs où travaillent les enfants dans les localités ciblées sont majoritairement ceux de l’agriculture, principalement dans la cacao-culture et accessoirement dans les activités commerciales et artisanales et pour le moment de façon marginale dans le secteur des mines d’or à Grand Zatry.

Les types de travaux réalisés par les enfants sont l’abattage des arbres, le défrichage des champs. Dans le secteur du commerce, les enfants font surtout le commerce de rue, où 54,30% travaillent en faisant la récupération d’objets, la vente de supports pornographiques avec parfois immersion dans l’activité de prostitution, quand beaucoup d’autres font des activités domestiques de serveurs et d’aide-ménagères.

Dr Koné souligne que ces enfants travailleurs  sont à la tâche en moyenne de 33 heures à 40 heures par semaine, dans les mêmes conditions que les adultes.

Les résultats de la collecte des données précisent que le phénomène d’utilisation des enfants au travail est en majorité le fait des hommes, avec plus de 7 hommes sur 10 employeurs utilisant des enfants au travail et près de 3 femmes sur 10 employeurs. Ces utilisateurs d’enfants sont pour la plupart mariés et polygames et sans niveau d’instruction.

Selon le Ministère de l’Emploi et des Affaires Sociales « 1.622.140 enfants sont impliqués dans les travaux à abolir en Côte d’Ivoire ».

(AIP)

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