Rétro sport 2015 / Une année de succès éclaboussée par des crises fédérales et des scandales de primes impayées

Abidjan, 31 déc (AIP) – L’année 2015 en Côte d’Ivoire a été celle du succès des clubs et sélections engagées dans les compétitions internationales, des prouesses éclaboussées par des crises au sein des fédérations et des scandales de primes impayées des athlètes.
Le football, l’athlétisme et le taekwondo en ligne de mire au niveau des lauriers
L’année 2015 a bien débuté pour la Côte d’Ivoire sur la route de l’émergence avec un sacre en février à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football en Guinée Équatoriale. Pour la deuxième fois de son histoire, la sélection nationale accédait à la plus haute marche du podium de la plus prestigieuse des compétitions organisées par la Confédération africaine de football (CAF).

Cissé Cheick est la grande satisfaction de l'année sportive en CI

Cissé Cheick est la grande satisfaction de l’année sportive en CI

Avec ce sacre, les Éléphants footballeurs ont gagné en notoriété avec la Côte d’Ivoire en ce moment classée meilleure nation africaine par la Fédération internationale de football association (FIFA). Les professionnels ivoiriens sont une vitrine pour le football africain tant certains font les beaux jours de leurs clubs dans les championnats occidentaux.
La palme d’or revient à son capitaine Yaya Touré qui vient de remporter le trophée de meilleur joueur africain de l’année 2015. Une distinction décernée par la British Broadcasting Corporation (radio britannique BBC). Le Pachyderme ivoirien de Manchester City est encore en course pour le titre du meilleur joueur africain de l’année organisé par la CAF.
La moisson a été bonne pour les 144 athlètes ayant pris part aux Jeux africains de Brazzaville. Au total, la Côte d’Ivoire s’en est sortie avec 26 médailles dont sept en or. L’une des meilleures participations des Ivoiriens depuis l’institution des jeux qui regroupent plusieurs disciplines dont le football féminin, le taekwondo et l’athlétisme.
C’est dans ces domaines que les Éléphants ont glané le plus grand nombre de médailles. Les principaux artisans sont Méité Ben Youssef, Koffi Hua Wilfried et Marie José Ta Lou (athlétisme), Cissé Cheick Sallah Junior et Gbagbi Ruth (taekwondo). Mention honorable à Cissé Cheick Sallah qui a déjà obtenu son ticket pour les Jeux Olympiques de 2016 à Rio (Brésil) en se classant parmi les six meilleurs taekwondo-in mondiaux de sa catégorie.
Cette grand-messe du sport africain a souri aussi à la sélection féminine de football qui a décroché la médaille de bronze. Les filles de l’entraîneur Touré Clémentine ont sauvé l’honneur du pays à cette compétition après la débâcle enregistrée quelques mois plus tôt à la précédente coupe du monde féminin organisée par le Canada.
En judo, la cinquième édition du Tournoi international de l’Afrique de l’Ouest (TIAO) a vu un survol de la compétition par les athlètes ivoiriens qui se sont tirés d’affaires avec huit médailles dont trois en Or. Pour la quatrième année consécutive, la Côte d’Ivoire s’est succédé à elle-même, une compétition qu’elle domine depuis son institution avec des athlètes comme Daboné Zuléa, Kotcha Ange et Daboné Abraham.
L’Institut national de la jeunesse et des sports d’Abidjan-Marcory a servi de cadre à l’organisation de la septième édition du Tournoi international zone Ouest et Centre de tir à l’arc (TIZOCATA) et du deuxième Grand prix international de tir à l’arc d’Abidjan. Sur ces deux manifestations couplées, la Côte d’Ivoire a occupé la dernière marche du podium derrière le Tchad (2 è) et le Bénin (1 er). Elle a enlevé au total 15 médailles avec 12 au TIZOCATA et trois au Grand prix.

Primes impayées des compétitions, une “injustice” envers les athlètes
Cette belle récolte de la participation aux différentes compétitions internationales a été ternie en partie par des scandales de primes impayées des athlètes qui ont fait flotter le drapeau national à ces grands rendez-vous. Parmi eux, il y a celui des Éléphants qui a fait couler beaucoup d’encres et de salives.
Quelques semaines après le sacre continental de Bata, c’est avec stupéfaction que le monde entier a appris le non reversement des émoluments décaissés par l’Etat ivoirien aux athlètes. Cela a coûté au ministre de la promotion de la jeunesse, des sports et des loisirs d’alors, Alain Lobognon, son fauteuil et l’interpellation de son Chef de cabinet ainsi que trois autres collaborateurs impliqués dans ledit détournement estimé à plus de 170 millions F CFA. L’affaire suit toujours son cours.

Le Ministre Alain Lobognon a été démis de ses fonctions à cause des primes impayées de la CAN 2015

Le Ministre Alain Lobognon a été démis de ses fonctions à cause des primes impayées de la CAN 2015

A peine, le problème des footballeurs résolu grâce à l’intervention du président de la République qu’a surgi celui des basketteurs qui ont écourté leur regroupement pour la préparation de l’Afrobasket masculin. Tout en mettant au devant les primes non versées lors de la précédente édition organisée en Côte d’Ivoire, la plupart des professionnels ont déserté la sélection pour rejoindre leurs clubs employeurs.
Ce ne fut pas tout. Le monde du cyclisme ivoirien a été secoué par le scandale des primes, à la différence que cet argent tardait à être débloqué. Faisant le point de l’organisation du tour cycliste de Côte d’Ivoire à la presse, le président de cette Fédération, Dr Allah Kouamé Jean Marie, a fixé à 50 millions de francs CFA, le montant des primes qu’il restait devoir aux athlètes qui ont pris par cette compétition désormais inscrite au calendrier de l’Union cyclisme internationale (UCI).

Encore et toujours les crises de légitimité au sein des différentes fédérations nationales

Comme à l’accoutumée, l’année 2015 aura été jalonnée de crises de leaderships au sein des fédérations. Débutée en 2014, la crise à la Fédération ivoirienne de boxe (FIB) entre le président en exercice, Waby Adebayor, dit Waby Spider et ses dissidents, a connu son apothéose avec son éviction de son poste et son remplacement par le Général de brigade, Gaoussou Soumahoro.

Koné Cheick était le chef de file de la contestation contre Sidi Diallo

Koné Cheick était le chef de file de la contestation contre Sidi Diallo

Le volley-ball n’a pas échappé à la tourmente. En désaccord avec un certain nombre de présidents de clubs, le premier responsable de cette discipline, Koné Sanga Youssouf, a dû organiser les compétitions nationales sans la participation des clubs dont les présidents avaient maille à partir avec lui. Finalement, avec la médiation de personnalités du sport, le calme semble être revenu dans la famille de la balle au panier.
En football, l’actuel comité exécutif de la Fédération ivoirienne de football (FIF) dirigé par Augustin Sidi Diallo a été traduit devant les tribunaux au mois d’août. Un groupe de présidents de clubs, estimant que son mandat avait pris depuis le 30 juin, l’ont sommé de mettre en place un comité ad’hoc en charge de créer une  commission électorale pour organiser le prochain scrutin à la présidence de l’institution. Finalement, il a été sauvé par la FIFA qui a débouté les dissidents.

(AIP)

fmo/akn/kam