Mandela, le combattant pacifique s’est éteint

Nelson Rolihlahla Mandela. Photo d'archive utilisée à titre d'illustration

Abidjan, (AIP) – « La nation a perdu son fils le plus illustre », a annoncé jeudi nuit à la télévision nationale, le Président Sud-africain, Jacob Zuma, annonçant brusquement, à 21H30’, le décès du héros de la lutte anti apartheid, l’ancien Président de la “nation arc-en-ciel”, Nelson Mandela, 95 ans.

Nelson Rolihlahla Mandela, dont le nom du clan tribal est Madiba, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo. Il a été l’un des dirigeants historiques de la lutte contre le système politique d’apartheid avant de devenir Président de la République d’Afrique du Sud de 1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales multiraciales du pays.

Nelson Mandela entre en 1944 au Congrès national africain (ANC), alors mouvement politique engagé contre la domination blanche. L’ANC est interdit en 1960 et la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela, devenu avocat,  fonde et dirige la branche militaire de l’ANC, Umkhonto we Sizwe, en 1961.

Le 12 juillet 1963, il est arrêté par la police sud-africaine en compagnie des autres dirigeants de l’ANC. Le 12 juin 1964, après huit mois de procès, Mandela échappe à la peine de mort, il et est condamné à la prison et aux travaux forcés à perpétuité lors du procès de Rivonia, puis transféré à la prison de Robben Island, sous le numéro 46664 où il reste pendant 18 de ses 27 années de prison. Il est par la suite déplacé à la prison de Pollsmor et Victor Vester.

Après 27 années d’emprisonnement, Mandela est relâché le 11 février 1990. Comme l’Indien ghandi, ce partisan de la non-violence soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk. En 1993, il reçoit avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour avoir conjointement et pacifiquement mis fin au régime d’apartheid et jeté les bases d’une nouvelle Afrique du Sud démocratique.

Après une transition difficile où de Klerk et lui évitent une guerre civile entre les partisans de l’apartheid, ceux de l’ANC et ceux de l’Inkhata à dominante Zoulou, Nelson Mandela devient le premier Président noir d’Afrique du Sud, en 1994. Il mène une politique de réconciliation nationale entre Noirs et Blancs, lutte contre les inégalités économiques.

Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active en 1999. Impliqué par la suite dans plusieurs associations de lutte contre la pauvreté ou le Sida, élevé au rang de patrimoine commun de l’humanité, Mandela, ce grand humanitaire et rassembleur, demeure une personnalité mondialement écoutée.

En 2013, Nelson Mandela est hospitalisé quatre fois depuis décembre, pour des récidives d’infections pulmonaires causées par ses conditions de détention sur l’île-prison de Robben Island, au large du Cap. Son état de santé s’aggrave aux mois de mai et surtout juin, quand il est hospitalisé pendant un trimestre. Tandis que plusieurs personnes affluent devant l’hôpital pour prier, déposer des gerbes de fleurs et des bougies, de nombreux médias y campent, attendant une « nouvelle » qui ne tombe pas. Il est libéré de l’hôpital après trois mois et reste alité chez lui, pour se reposer, auprès des siens.

Décédé le 05 décembre 2013 à 20h45’ (heure locale, GMT+3), Mandela reçoit les hommages du monde entier. Sa dépouille est transportée de Johannesburg à Pretoria, placée dans un endroit surveillé par des forces de sécurité, en attendant les obsèques qui se dérouleront le 15 décembre à Qunu, son village natal. Avec le départ de Madiba, un Ange de plus est arrivé au Ciel.

(AIP)

cmas