Le retour fracassant de Sarah Palin, égérie de la droite conservatrice, un pavé dans la marre du GOP

Sarah Palin

Washington (Etats-Unis), 22 jan (MAP/AIP)- La candidate malheureuse à la vice-présidence des Etats-Unis en 2008, Sarah Palin vient de marquer un retour fracassant sur la scène politique américaine, en apportant, mardi, son soutien au milliardaire de Manhattan Donald Trump dans les élections présidentielles qui auront lieu en novembre prochain.

L’ancienne gouverneure de l’Alaska, qui a défrayé la chronique aux côtés de John McCain, candidat républicain au scrutin présidentiel de 2008 face à Barack Obama, par des sorties médiatiques qui ont frôlé parfois “l’absurde”, a bien choisi le moment pour ajouter à la confusion qui tiraille le Grand Old Party depuis quelques mois.

Le soutien “inattendu” qu’elle vient de témoigner à Donald Trump, ce candidat qui continue de brouiller les cartes des Républicains traditionnels qui ne savent plus à quel saint se vouer, permettra à l’homme d’affaires controversé de bénéficier d’un “backup” conservateur important, d’autant plus que Palin jouit encore d’un grand crédit au sein du Tea Party.

“Sarah Palin demeure une favorite au sein du Tea Party, qui représente la droite conservatrice du GOP”, a indiqué le journaliste Scott Bauer, relevant que son soutien à Trump lui donne un coup de pouce conservateur et lui confère une “crédibilité” anti-establishment.

Pour certains observateurs, une certaine “collusion tacite” est née entre l’ancien gouverneur de l’Alaska et +The Donald+ qui a pu, non sans habilité, manipuler le “cycle médiatique” en sa faveur pour devenir la force politique la plus en vue dans cette campagne présidentielle.

Dans un article publié sur les colonnes du +Washington Post+ sous le titre “Le déclin d’un grand parti”, le commentateur politique E.J. Dionne Jr estime que la réémergence de Sarah Palin à quelques jours du caucus de l’Iowa renseigne sur l’état actuel d’une formation qui jouissait, jadis, d’une grandeur politique sur la scène américaine.

Il a expliqué que la droite, qui existait depuis des décennies et qui a fait peau neuve en 2009 sous le nom de Tea Party, a gagné en influence en tirant profit de la situation de “délabrement” qui ronge désormais le Parti d’Abraham Lincoln.

“Le Tea Party va jouer un rôle central dans les primaires”, a-t-il dit, relevant que plusieurs républicains traditionnels craignent le dilemme de se trouver face à deux choix “amers”: Trump ou le sénateur Ted Cruz.

Ce dernier, que plusieurs qualifient d”idéologue”, est redouté par les traditionnels et l’establishment puisqu’il risque, selon Dionne Jr, de porter un coup de grâce à leurs idéaux.

Le sénateur texan, qui a plus d’ennemis que d’amis à Washington, n’a pas caché son mécontentement après l’annonce faite par Sarah Palin, en s’en prenant à l’establishment de vouloir changer de tactiques en faveur du milliardaire new-yorkais.

Sur ce point, +Politico+ écrit que Ted Cruz n’a pas tardé à tirer à boulets rouges sur l’establishment républicain qui a abandonné, selon lui, le sénateur de Floride Marco Rubio, en se ralliant derrière Trump, ajoutant que l’establishment a estimé que Rubio n’a aucune chance de remporter les élections.

  1. Cruz est allé jusqu’à déclarer que l’establishment des Républicains à Washington a commencé à se rallier derrière Trump, sans pour autant tenir compte de son passé et de ses contributions en faveur des Démocrates, notamment.

Le soutien de Palin au magnat de l’immobilier n’a pas laissé indifférent le camp démocrate. Suite à cette annonce, le comité national démocrate (DNC) s’est fendu d’un communiqué dans lequel il dénonce une tentative futile de revenir au devant de la scène.

“Le Grand Old Party est devenu celui de Palin et Trump, qui demeurent deux leaders des plus influents” du parti, écrit le porte-parole du DNC, soulignant que leur “rhétorique clivante” est devenue celle qu’utilisent tous les candidats républicains de Ted Cruz jusqu’à Marco Rubio.

De l’avis de plusieurs observateurs et commentateurs à Washington, le caucus de l’Etat-clé de l’Iowa, qui aura lieu le 1er février, sera décisif et apportera des réponses sur le devenir idéologique du Grand Old Party.

(MAP/AIP)

cmas