Le calendrier FayDiaFal lancé pour sauvegarder les prénoms traditionnels du Sénégal

Calendrier FayDiaFal du Sénégal

Dakar, 02 fév (APS/AIP) – Trois Sénégalais, deux cadres en informatique et un professeur de mathématiques, se sont lancés dans la préservation des prénoms traditionnels dans leur pays, à travers un nouveau calendrier appelé FayDiaFal, a-t-on appris mardi auprès de l’un d’eux, Badou Dia.

“Avec deux amis, Djamil Faye et Ibrahima Fall, qui est enseignant-chercheur en mathématiques, nous avons décidé de nous lancer dans la recherche des prénoms traditionnels, qui sont menacés de disparition”, a expliqué M. Dia, un informaticien.

Les trois amis ont confectionné un calendrier de type grégorien comportant 366 prénoms – pour l’année 2016 – puisés dans les groupes ethniques sénégalais.

Badou Dia, propriétaire d’une société d’ingénierie informatique fondée à Nancy (France) en 2004 et délocalisée à Dakar depuis 2010, dit avoir constaté, avec Djamil Faye et Ibrahima Fall, que “ces prénoms traditionnels sont en train d’être supplantés par les patronymes arabes et européens”.

“C’est un danger parce que ces prénoms font partie de notre patrimoine culturel”, a souligné l’informaticien, qui a passé plusieurs années en France avant de regagner son pays.

“Le calendrier FayDiaFal, c’est la contraction des noms de famille de ses trois concepteurs, Djamil Faye, Badou Dia et Ibrahima Fall. En wolof, le nom Faye (du verbe wolof ‘fey’) signifie éteindre. Et DiaFal (ou ‘jafal’ en wolof) signifie allumer. L’idée est de tenter d’attiser quelque chose qui est en voie d’extinction”, a détaillé Badou Dia.

Il ajoute que “le calendrier FayDiaFal est donc un concept qui tente de lutter contre la disparition progressive des prénoms de nos ancêtres ‘ceddo’”.

“Les prénoms que nous utilisons sont wolof, poular, sérere, joola, socé, bassari, bédik, soninké, mankagne…” a expliqué M. Dia, au sujet de ce calendrier sur lequel on trouve par exemple les prénoms Thiandama (le jour de l’an ou 1er janvier), Ngoné (4 janvier), Polél (14 février), Kélétégui (9 août), Thiémokho (29 juin), Diokél (27 avril) et Diouhé (31 décembre).

“De manière arbitraire, nous avons choisi les jours pairs pour des prénoms féminins, et les jours impairs pour des prénoms masculins”, a indiqué Badou Dia, l’un des concepteurs de ce calendrier, qui ont affublé le 4 avril – jour de la Fête nationale du Sénégal – du prénom Alinesitoé. Il s’agit d’un prénom de femme, chez les Diola.

“Il y a un bon nombre de prénoms [traditionnels] qui ne figurent pas sur le calendrier, des prénoms que nous avons tout de même retenus, qui seront l’objet d’un livre très détaillé. Pour le moment, nous travaillons sur le calendrier qui, davantage que le livre, concerne le plus grand nombre de personnes”, a précisé M. Dia.

Selon lui, le calendrier FayDiaFal a fait l’objet d’une marque déposée auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), basée à Yaoundé (Cameroun).

(APS/AIP)

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