La génération M’Borman accède au pouvoir à Nouvel-Ousrou

Dabou, 22 déc (AIP) – Les M’Borman, génération dont les membres sont âgés de 65 à 75 ans, ont pris les rênes du pouvoir à Nouvel-Ousrou, village de la sous-préfecture de Lopou situé à environ 17 kilomètres de Dabou (sud, région des Grands ponts), à l’issue d’un cérémonial qui a débuté lundi et qui a connu son apothéose samedi.

Pour le président du comité d’organisation, Lath Atchori, cette cérémonie est l’occasion de ‘’confier officiellement’’ le village à ces hommes et femmes qui incarnent ‘’la sagesse, le respect et la richesse’’, non sans faire remarquer la joie en demi-teinte qui anime les uns et les autres, suite aux événements tragiques qui y ont eu lieu, il y a peu.

Nouvel-Ousrou a été, le 12 décembre, le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des jeunes villageois, faisant deux morts et plusieurs blessés, après que le chef du village Etékou Melèdj dit ‘’Bilbao’’ ait été molesté et déshabillé sur la place publique par des personnes qui contestent son autorité. Ce dernier qui n’y avait plus mis les pieds depuis bientôt un an était revenu pour participer à cet événement dénommé en pays adjoukrou l’Eb beb, rappelle-t-on.

Aux désormais 153 dépositaires de la tradition, garants du patrimoine et des mœurs que sont les ‘’Eb bebou’’ et à leurs chargés de mission qui sont les ‘’Sètè’’, leurs cadets, le co-parrain Moussa Gros Mamadou, général de division, ancien ministre des Transports du Niger, a conseillé de privilégier les intérêts de la communauté et la paix.

Quant au représentant du directeur général de l’Institut de formation des agents de santé (INFAS), l’autre co-parrain, Agneroh Akpa Ambroise, il a salué la gestion du pouvoir chez les Adjoukrou, un système ‘’qui ne rejette aucune couche de la société, qui a prévu pour chaque entité des charges et des responsabilités, qui a déterminé un mandat et une alternance paisible qui se déroule tous les huit ans’’. En somme, une démocratie qui mérite d’être promue, a-t-il souhaité.

Chez les Adjoukrou, peuple originaire de la seule ville de Dabou, la vie des individus est rythmée par différentes célébrations qui sont le ‘’Lôw’’ pour les jeunes hommes à partir de 21 ans et le ‘’Dediap’’, pour les jeunes filles de 18 ans, l’’’Angbandji’’ appelé pompeusement fête de la richesse et l’’’Eb beb’’ qui donne droit au pouvoir, note-t-on.

(AIP)

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