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AIP/ Aquaculture : la Côte d’Ivoire examine des allègements fiscaux pour réduire les coûts de production

AIP/ Aquaculture : la Côte d’Ivoire examine des allègements fiscaux pour réduire les coûts de production

Par Loua Michel SOUMAHARO / 20 octobre 2026 à 16:11 / il y a 13 heures / Temps de lecture : 4 min

Abidjan, 20 oct 2026 (AIP) – Le gouvernement ivoirien examine des mesures d’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), des droits de douane et des taxes d’entrée sur les intrants et équipements aquacoles, afin de réduire les coûts de production et de renforcer la compétitivité de la filière, a indiqué mardi 20 octobre 2026 le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH).

Cette réflexion est au centre d’un atelier de concertation organisé à Abidjan dans le cadre du projet d’appui au développement des politiques dans le secteur de l’aquaculture (DPL), avec la participation des administrations publiques, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers, dont l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA).

Représentant le ministre des Ressources animales et halieutiques, son conseiller technique chargé de l’aquaculture, Kaba Ibrahima, a souligné la nécessité de mettre en place un environnement fiscal et réglementaire favorable aux investissements.

En 2024, la Côte d’Ivoire a importé 732.954 tonnes de poissons, pour une valeur estimée à 520 milliards de FCFA, a-t-il précisé, relevant l’insuffisance de la production nationale pour couvrir les besoins des populations.

Le développement de l’aquaculture apparaît ainsi comme un levier pour accroître l’offre locale, réduire la dépendance aux importations et créer des emplois, notamment pour les jeunes. Mais les coûts des aliments, des alevins, des géniteurs, des produits vétérinaires et des équipements constituent des obstacles pour les exploitants.

Les travaux de l’atelier devront permettre d’identifier les intrants et équipements susceptibles de bénéficier d’une exonération de TVA et les dispositions juridiques et réglementaires relatives aux droits de douane et aux taxes d’entrée.

Les participants sont également appelés à proposer un mécanisme transparent d’application et de suivi des mesures envisagées, ainsi qu’une feuille de route pour l’adoption des textes nécessaires.

Kaba Ibrahima a toutefois insisté sur une démarche « méthodique, responsable et pragmatique », tenant compte des contraintes juridiques, économiques et budgétaires de l’État.

De son côté, le représentant résident de la JICA en Côte d’Ivoire, Kato Koichi, a annoncé que son institution étudiait la possibilité d’un prêt concessionnel compris entre 80 et 100 milliards de FCFA pour soutenir le développement de l’industrie aquacole.

Ce programme potentiel porterait sur l’amélioration du climat des investissements, l’environnement de production et le renforcement de la gouvernance du secteur.

Une mission de la JICA séjourne actuellement en Côte d’Ivoire pour collecter et vérifier des informations. Une évaluation finale pourrait être menée avant la fin de 2026, en vue d’un éventuel lancement au premier semestre 2027.

Le coordonnateur du projet DPL, Sylla Soumaïlla, a appelé les participants à formuler des propositions consensuelles conciliant les besoins des producteurs et les exigences budgétaires de l’État.

Le président de l’Interprofession aquacole, Maurice Savadogo, a, pour sa part, plaidé pour un accompagnement fiscal des producteurs confrontés au coût des intrants importés.

« Tout ce qui est intrant, tout ce qui est aliment est importé », a-t-il déclaré, estimant que des allègements contribueraient au développement de la filière et à la réduction des importations de poissons.

Il a également souhaité que les producteurs disposent de temps pour consolider leurs activités avant d’accroître leur contribution fiscale.

Cette initiative s’inscrit dans la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA), dont la phase 2026-2030 vise à renforcer les capacités productives nationales.

(AIP)

msl/zaar