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Côte d'Ivoire-AIP/L’ICD veut faire progresser la finance islamique pour soutenir le secteur privé ivoirien

Côte d'Ivoire-AIP/L’ICD veut faire progresser la finance islamique pour soutenir le secteur privé ivoirien

Par ALAIN ZAGADOU / 1 octobre 2026 à 13:41 / il y a 10 heures / Temps de lecture : 6 min

Abidjan, 1er oct 2026 (AIP) – La Société islamique pour le développement du secteur privé (ICD), branche dédiée au secteur privé du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), entend renforcer son accompagnement des entreprises ivoiriennes à travers l’organisation d’un atelier consacré aux lignes de financement et les prises de participation au service de la croissance du secteur privé.

L’atelier qui se tient ce jeudi 1er octobre 2026 à l’hôtel Pullman Abidjan- Plateau est intitulé « Faire progresser la finance islamique pour le développement du secteur privé grâce aux lignes de financement et aux prises de participation ».

Il est organisé par l’ICD en collaboration avec le ministère du Plan et du Développement et réunit des représentants des autorités gouvernementales et de régulation, des institutions financières, du secteur privé et des partenaires au développement.

Son objectif est d’examiner comment les solutions de financement et d’investissement conformes à la Charia peuvent contribuer au développement du secteur privé et renforcer l’écosystème de la finance islamique en Côte d’Ivoire.

S’exprimant à l’ouverture de cette Journée, le ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba a souligné l’importance de ces mécanismes pour élargir l’accès des entreprises, notamment les PME, aux ressources financières nécessaires à leur développement.

Selon le ministre, les échanges devaient notamment porter sur « deux modalités complémentaires de développement du secteur privé », à savoir les lignes de financement accordées aux banques locales pour soutenir les PME, les entreprises locales et les champions nationaux, ainsi que les prises de participation destinées à accompagner la création d’établissements bancaires islamiques ou le renforcement des institutions existantes.

Il a relevé que ces instruments pourraient contribuer à « élargir l’accès de nos entreprises aux financements » et à renforcer la solidité du secteur financier national.

Le ministre a également indiqué que l’ICD avait déjà approuvé plus de 81 milliards de francs CFA de financements au bénéfice de banques ivoiriennes, estimant que ce niveau constitue « un socle sur lequel nous pouvons construire davantage et attirer de nouveaux capitaux ».

Le ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, lors de l’atelier sur la finance islamique, jeudi 1er octobre 2026 à Abidjan-Plateau

Pour Dr Souleymane Diarrassouba, l’enjeu est surtout de permettre aux opérateurs économiques de savoir quel instrument correspond à leurs besoins, auprès de quel interlocuteur et à quelles conditions.

« Quel instrument peut répondre à notre besoin et auprès de quel interlocuteur, à quelles conditions et dans quel délai ? », a-t-il interrogé, appelant à une meilleure circulation de l’information entre les structures publiques, les banques et les organisations professionnelles du secteur privé.

Il a souhaité que les travaux permettent notamment de clarifier les conditions d’accès aux financements, les montants, les durées, les coûts, les garanties et les documents à fournir.

Le ministre a insisté sur la nécessité pour les entreprises de mieux faire connaître leurs projets, leurs besoins et les difficultés rencontrées dans l’accès aux financements.

« Votre contribution est indispensable à l’atteinte des objectifs de cet atelier », a-t-il lancé aux différents acteurs, estimant que les échanges doivent déboucher sur des solutions directement exploitables,  appelant les acteurs à faire en sorte que l’information soit « claire, utile et directement exploitable par les banques comme par les entreprises ».

Le ministre Diarrassouba a, pour sa part, assuré de la disponibilité de son département ministériel à accompagner les acteurs à la recherche de financements islamiques.

Pour lui, la réussite de l’atelier ne doit pas uniquement se mesurer au nombre de rencontres ou d’accords conclus, mais à la capacité des acteurs à transformer les opportunités identifiées en projets concrets.

« Le succès de cette journée ne va pas se mesurer seulement au nombre de rencontres ou d’accords conclus », a-t-il déclaré, souhaitant que les échanges débouchent sur des « investissements durables au service du développement » de la Côte d’Ivoire.

Intervenant à la suite du ministre, le lead principal de la division Ligne de financement de l’ICD, Abdoul Rachid Sani, a présenté l’expérience de son institution en Côte d’Ivoire et dans la région subsaharienne.

Basé à Dakar et chargé notamment de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale, M. Sani a expliqué que l’ICD intervient en Côte d’Ivoire depuis plus d’une décennie, notamment à travers l’accompagnement de l’Etat et de plusieurs banques de la place.

Il a indiqué que l’essentiel du portefeuille de l’ICD en Côte d’Ivoire est actuellement orienté vers les lignes de financement.

« Nous avons accompagné quatre institutions bancaires » en exposition directe, pour un montant d’environ 103 millions d’euros, a-t-il précisé, ajoutant que trois autres banques ont bénéficié d’un accompagnement indirect à travers leurs holdings établies hors de Côte d’Ivoire. Au total, « sept banques ont bénéficié de notre accompagnement », a-t-il relevé.

Pour Abdoul Rachid Sani, le potentiel reste toutefois largement inexploité. Il a estimé que l’un des enjeux de la rencontre est précisément de mieux faire connaître la finance islamique auprès des différents acteurs économiques.

« La finance islamique reste toujours méconnue du grand public », a-t-il observé, précisant qu’elle constitue un mécanisme complémentaire aux instruments de financement conventionnels.

« C’est un produit qui vient en complément au financement conventionnel, donc il n’a pas vocation de faire la concurrence à la finance conventionnelle », a-t-il expliqué.

Plusieurs sessions ont meublé cette journée. Il s’agit notamment « Le bon endroit, au bon moment : les lignes de financement comme levier pour accompagner la croissance économique en Côte d’Ivoire », de la « Preuve de concept : voix du terrain », consacrée aux témoignages d’institutions ayant déjà déployé des facilités de la Ligne de Financement ICD.

D’autres sessions au programme, « De la poignée de main au décaissement : votre feuille de route vers la Ligne de Financement, étape par étape » et « Développer un canal de financement islamique en Côte d’Ivoire ».

À travers cette initiative, l’ICD entend poursuivre sa collaboration avec le gouvernement ivoirien, les institutions financières, les investisseurs et les acteurs du secteur privé afin d’élargir l’accès aux solutions de financement et d’investissement conformes à la Charia, de mobiliser davantage de capitaux privés et de contribuer au développement durable du secteur privé ivoirien.

ICD est une institution multilatérale de financement du développement et membre du Groupe BID. Créée en novembre 1999 et ayant son siège à Djeddah, en Arabie saoudite, l’institution soutient le développement économique dans ses 56 pays membres en fournissant une assistance financière à des projets du secteur privé conformément aux principes de la Charia.

(AIP)

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