Côte d’Ivoire-AIP/ Les acteurs de la sécurité et de la santé au travail appellent au renforcement de la prévention des risques professionnels
Par RAYMOND DIBI / 1 octobre 2026 à 16:14 / il y a 2 jours / Temps de lecture : 3 minAbidjan, 01 oct 2026 (AIP) – La prévention des risques professionnels doit dépasser la seule protection contre les accidents physiques pour intégrer davantage la santé mentale et les risques psychosociaux, ont souligné les participants à la 5ᵉ Journée nationale de la sécurité et de la santé au travail (JNSST), tenue le mercredi 30 septembre 2026 à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody.
Organisée par l’Association ivoirienne des intervenants chargés de sécurité et santé au travail (AICST), en collaboration avec le Département de psychologie de l’Université Félix Houphouët-Boigny, cette rencontre avait pour thème « Bilan, défis et enjeux de la prévention des risques professionnels en Afrique », avec pour sous-thème « Stratégies de valorisation du capital humain pour un emploi décent et les impacts sur la productivité et le revenu du travailleur ».
Les échanges ont notamment porté sur les pratiques de prévention, le cadre juridique de la sécurité et santé au travail, les risques psychosociaux ainsi que le lien entre protection des travailleurs, productivité et qualité de vie professionnelle.
Intervenant au nom de l’Assemblée nationale, le député d’Agnibilékrou, Mamadou Tounkara, a rappelé l’existence de dispositions consacrées à la santé et à la sécurité des travailleurs dans le Code du travail ivoirien. Il a également appelé à adapter continuellement le cadre réglementaire aux nouvelles formes d’organisation du travail, notamment le télétravail et les transformations liées à l’intelligence artificielle.
« Travailler dans un environnement sûr et salubre n’est pas un privilège, c’est un droit », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de transformer les principes de prévention en réalités concrètes dans les milieux professionnels.
Le représentant de l’Organisation internationale du Travail (OIT), Jean-Marie Kagabo, a, pour sa part, rappelé que la prévention relève d’une responsabilité collective. Il a notamment souligné la reconnaissance, en 2022, d’un environnement de travail sûr et salubre comme principe et droit fondamental au travail, appelant à faire de ce droit une réalité pour l’ensemble des travailleurs.
Au nom du département de psychologie de l’UFHB, la professeure Yéo Sali a mis en avant la dimension psychologique de la prévention. Elle a relevé que la surcharge de travail, les tensions relationnelles, l’épuisement professionnel, les conflits de valeurs et les mutations rapides des environnements professionnels peuvent constituer des facteurs de risques psychosociaux.
« Leur prise en charge appelle une collaboration entre psychologie, médecine du travail, droit, ingénierie et économie, ainsi qu’un renforcement de la formation des professionnels de la psychologie dans le domaine de la santé mentale au travail », a-t-elle indiqué.
Le président de l’AICST, Simplice Kouassi, a insisté sur le caractère transversal de la sécurité et de la santé au travail. Il a également relevé l’importance croissante de la santé mentale et des risques psychosociaux dans les milieux professionnels.
À travers cette rencontre, l’AICST et ses partenaires entendent promouvoir une culture durable de prévention des risques professionnels, en rapprochant la recherche universitaire, la formation, l’expertise et l’action sur le terrain.
(AIP)
rd/ zaar