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Côte d’Ivoire-AIP/ Vingt ans après le Probo Koala, le CNDH plaide à Genève pour une justice environnementale durable

Côte d’Ivoire-AIP/ Vingt ans après le Probo Koala, le CNDH plaide à Genève pour une justice environnementale durable

Par GEORGES AUBIN KONAN / 17 septembre 2026 à 18:09 / il y a 50 minutes / Temps de lecture : 3 min

Abidjan, 17 sept 2026 (AIP) – Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) de Côte d’Ivoire a plaidé, mercredi 16 septembre 2026 à Genève, pour une justice environnementale durable et une meilleure prise en compte des effets des substances toxiques et déchets dangereux sur les droits humains, 20 ans après le déversement des déchets du Probo Koala à Abidjan.

Intervenant devant les instances des Nations Unies, le président du CNDH, Dr Adjelou Christian Arnaud, a rappelé que le drame survenu en août 2006 avait provoqué des dizaines de milliers d’intoxications et laissé des conséquences sur les sols, les nappes phréatiques et la chaîne alimentaire.

« Le stockage, le déversement et la prolifération de ces produits constituent une atteinte directe à la dignité humaine », a-t-il déclaré, soulignant qu’un drame environnemental peut avoir des conséquences sur les droits humains bien au-delà de la crise initiale.

Vingt ans après, le CNDH affirme continuer de recevoir des requêtes liées à cette catastrophe, notamment sur les indemnisations, l’exécution des décisions de justice et l’accès des victimes à des soins spécialisés.

Le président du CNDH a également attiré l’attention sur trois autres risques environnementaux : l’orpaillage clandestin et l’utilisation du mercure et du cyanure, le traitement artisanal des déchets électroniques et le stockage des pesticides obsolètes.

Au niveau international, l’institution ivoirienne a plaidé pour le renouvellement du mandat du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les substances toxiques, estimant que sa continuité permettrait de maintenir le suivi international, l’alerte et la coopération entre les Etats.

Au plan national, le CNDH a présenté plusieurs mécanismes mis en place, dont un département consacré à l’Environnement et au Changement climatique, un « Mécanisme Victimes » associant la société civile et le secteur privé et 31 commissions régionales chargées de recueillir les requêtes des populations.

L’institution a également évoqué plusieurs dossiers suivis en Côte d’Ivoire, notamment l’affaire Kraffy en 2020, liée à une fuite de gaz sur une plateforme pétrolière, et l’affaire Zimrida en 2025, concernant l’accostage à Abidjan d’un navire transportant du sulfate d’ammonium.

Le CNDH a appelé la communauté internationale à renforcer l’application des conventions de Bâle, de Rotterdam et de Bamako contre les transferts illicites de déchets vers les pays en développement.

Il a aussi demandé aux Etats et aux partenaires de financer une transition vers une économie circulaire sûre et de mettre en place des mécanismes durables d’accompagnement des victimes. « La dégradation durable de l’environnement fragilise directement les droits fondamentaux », a conclu Dr Adjelou.

(AIP)

gak/cmas