Côte d’Ivoire-AIP/ Korhogo: La cohabitation entre SICOSA 2.0 et la COIC autour de la zone de Koni Sohouo suscite des inquiétudes sur la commercialisation du coton
Par SIONFOLO SORO / 16 septembre 2026 à 20:00 / il y a 3 heures / Temps de lecture : 4 minKorhogo, 16 sept 2026 (AIP) – Le chef de zone de de la société Sicosa 2.0, Soro Dagafolo a exprimé mardi 15 septembre 2026 lors d’un entretien avec l’AIP, ses inquiétudes pour la commercialisation du coton lors de la campagne 2026.
Le responsable de SICOSA 2.0 a également évoqué les difficultés liées au démarrage de la campagne, notamment la disponibilité des intrants et le suivi technique des producteurs. Il a toutefois relevé une amélioration de la situation concernant les engrais, grâce notamment, selon lui, à l’utilisation d’engrais biostimulants favorisant le développement des plants « de la feuille jusqu’à la racine ».
Soro Dogafolo a par ailleurs exprimé sa préoccupation quant à la commercialisation du coton produit dans les parcelles encadrées par SICOSA 2.0. « Sans notre consentement, on vient enlever le coton que nous avons semé avec ces producteurs », a-t-il affirmé, rappelant avoir déjà été confronté à une situation similaire en 2019. Il estime que cette question de traçabilité doit être
La situation trouve son origine dans l’histoire de la Zone d’encadrement agricole (ZEA4), dont le zonage avait notamment pour objectif de répartir les zones de production entre les sociétés cotonnières afin de clarifier l’encadrement des producteurs, la fourniture des intrants et la commercialisation du coton.
Selon les informations recueillies auprès des acteurs concernés, la ZEA4 avait été attribuée à SICOSA 2.0 à la suite du zonage intervenu à partir de 2016, avant de faire l’objet d’un retrait puis d’une attribution à la COIC, qui l’aurait exploitée pendant environ sept ans.
Mais sur le terrain, la transition entre les deux sociétés cotonnières reste source de difficultés. Dans un entretien avec l’AIP, le chef de zone de SICOSA 2.0, Soro Dogafolo, a fait état de plusieurs préoccupations liées notamment à l’intervention simultanée des équipes des deux sociétés auprès des producteurs.
« Ils sont venus encore prélever le coton et, en même temps, les engrais », a déploré M. Soro, qui affirme que des intrants auraient également été retirés sur certaines parcelles suivies par SICOSA 2.0. Il a indiqué que ses équipes avaient procédé au repérage GPS de plusieurs parcelles afin de disposer d’éléments permettant de suivre leur encadrement et leur production.
Face à ces difficultés, le chef de zone de SICOSA 2.0 dit privilégier la concertation avec les autorités et le respect des mécanismes de traçabilité. « Nous allons veiller, avec le conseil du coton, de l’anacarde et du karité ainsi que le corps préfectoral, à poursuivre la traçabilité avec le soutien des autorités compétentes », a-t-il indiqué, appelant à une clarification définitive des responsabilités dans la zone de Koni Sohouo.
La SICOSA 2.0 et la COIC figurent parmi les sociétés cotonnières membres de l’Association professionnelle des sociétés cotonnières de Côte d’Ivoire (APROCOT-CI), l’organe représentatif des sociétés cotonnières en Côte d’Ivoire. SICOSA 2.0 dispose d’une capacité d’égrenage annoncée de 60 000 tonnes, tandis que la COIC compte quatre usines pour une capacité totale de 200 000 tonnes.
Le règlement de cette situation apparaît ainsi comme un enjeu pour la sécurisation de la production, la traçabilité du coton graine et la préservation des intérêts des producteurs. Le Conseil du Coton et de l’Anacarde, dont la mission comprend notamment la mise en place et le suivi du cadre réglementaire des filières coton et anacarde, demeure au cœur du dispositif de régulation du secteur.
(AIP)
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