Des nutriments et ressources minières détectées avec une nouvelle technologie au Zimbabwe (feature)

Abidjan, 18 déc (AIP)-Des chercheurs en agriculture du Zimbabwe ont mis au point une technologie susceptible d’aider les communautés agricoles à identifier les nutriments du sol dont les cultures ont besoin dans un champ.

Cette  technologie a le potentiel d’aider les agriculteurs à évaluer les quantités exactes de nutriments dont une culture a besoin et de prédire les rendements grâce à des images satellitaires conçues pour évaluer n’importe quelle culture, sans nécessairement descendre physiquement dans les champs.

Selon les inventeurs qui travaillent pour le compte de l’université zimbabwéenne, cette technologie permet d’exploiter et d’analyser les images satellitaires, à partir de l’information géographique qui décrit, évalue et représente visuellement les caractéristiques, activités et processus géo-référencés sur la terre, afin de soutenir la prise de décisions stratégiques ou opérationnelles.

Charles Mutisi, chef de l’équipe et doyen de la faculté de recherche agricole de l’université du Zimbabwe, explique à SciDev.Net que cette technologie est capable d’évaluer les qualités des sols sur lesquels toutes les cultures sont pratiquées, notamment le tabac, le soja et le maïs.

« Nous avons développé cette technologie agricole dans le but de l’utiliser  dans la ferme de l’université, à compter de janvier 2016, avant son déploiement dans d’autres pays africains. Le centre compilera aussi bientôt des données sur les ressources minières », a-t-il ajouté.

« Nous travaillons par ailleurs dans le domaine de l’exploration et de la quantification réelle des ressources minérales du pays, grâce à la même technologie. Le but ultime est de dresser une carte minière du Zimbabwe et de l’Afrique, montrant les quantités réelles de minerais », a-t-il fait savoir.

L’équipe travaille sur cette technologie depuis septembre 2014, avec le soutien financier du ministère zimbabwéen de l’Agriculture, de la Mécanisation et du Développement de l’irrigation. Prête depuis août, cette technologie a été lancée le 28 septembre 2015, selon Mutisi.

May Mrema, chargée de cours en économie agricole à l’Africa university au Zimbabwe, appelle les universités africaines et d’autres institutions de l’enseignement supérieur à modifier leurs programmes scientifiques pour les adapter à la tendance mondiale actuelle en vue d’augmenter la productivité agricole et de développer l’exploitation minière.

Pesanayi Gwirayi, directeur de la recherche et du cycle post-universitaire à la grande université du Zimbabwe, recommande, quant à lui, aux pays africains d’accorder la priorité au financement de la recherche scientifique.

« L’Afrique a besoin d’une révolution de l’information scientifique à travers le financement des programmes de recherche pour stimuler son programme de développement et exploiter ses ressources naturelles qui ont un rôle capital à jouer dans son développement économique », a-t-il expliqué.

(AIP)

Amak/kp