CPI: Les avocats de Laurent Gbagbo redoutent un procès “non équitable”

Abidjan, 28 jan (AIP)- Les avocats de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, émettent des doutes quant au caractère équitable du procès contre leur client ouvert ce jeudi matin à La Haye aux Pays-Bas, se fondant sur un ensemble d’irrégularités qu’ils disent avoir relevé tout le long de la procédure ayant précédé l’ouverture.

Livrant les observations de la Défense à la suite de la lecture des charges par un représentant du greffe, Me Jacob a  fait part de ces irrégularités regroupées sous trois chapitres à savoir “Le rôle du représentant légal des victimes”, “Le temps nécessaire à la préparation de la défense de l’accusé” et “Les enquêtes  du procureur”.

Concernant le premier chapitre, les avocats de Laurent Gbagbo ont notamment déploré le fait que le représentant légal des victimes, alors qu’il  n’est que  “participant”, ait acquis “une place assimilable” à celle des parties prenante à l’affaire, une situation qui, selon eux, place la défense comme en face de “deux procureurs”. “L’équilibre entre les deux partis s’en trouve brisé”, a ainsi fait observer  Me Jacob.

La défense pour ce qui est du temps de préparation a indiqué n’en avoir pas disposé suffisamment là où “plus de temps” a été accordé à l’accusation.   En outre les avocats de Gbagbo ont déploré le fait de ne “jamais” avoir été autorisés  à faire appel des décisions du juge depuis la présentation du mémoire préliminaire du procureur, ce qui selon eux “touche au caractère équitable du procès”.

Troisièmement, les avocats de la défense ont dénoncé « une enquête déficiente » du procureur qui, disent-ils, a manqué à son obligation de conduire ses investigations à charge et à décharge.  Selon les dires de la défense, le procureur aurait sciemment occulté des éléments “essentiels” qui auraient pu apporter la preuve de l’innocence de leur client, au point où le procès  s’engage sur la base d’ “éléments parcellaires” qui ne permettront pas au juge de donner un verdict équitable.

“La réalité c’est que pendant quatre ans, le procureur a adopté une certaine vision de la Côte d’Ivoire, de la crise, du rôle de M Gbagbo dont il est incapable de se départir.  Nous sortons du Droit pour entrer dans celui de la croyance qui n’a pas de place dans un prétoire”, a conclu Me Jacob.

L’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, est accusé  d’avoir organisé une campagne de violences afin de confisquer le pouvoir après sa défaite à l’issue de l’élection présidentielle ivoirienne de 2010. Il se retrouve dans le box des accusés avec l’un de ses plus farouches défenseurs, l’ex-leader de la “galaxie patriotique”, Charles Blé Goudé. Tous deux sont  poursuivis pour “crimes contre l’humanité”.

(AIP)

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