Côte d’Ivoire-AIP/ « Nous devons agir avec détermination pour prévenir, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres » (Ministre)

La Côte d'Ivoire célèbre la journée mondiale de l'Environnement

Abidjan, 17 juin 2020 (AIP)- « C’est ensemble que nous devons agir maintenant, avec détermination pour prévenir, enrayer et inverser le processus de dégradation des terres », a indiqué mercredi dans une déclaration, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Joseph Séka Séka, à l’occasion de la célébration de la Journée Mondiale de la Lutte contre la Désertification et la Sécheresse.

Le thème de cette Journée est « Aliments, fourrage, fibre ». Pour Joseph Séka Séka, la pandémie de la maladie à Coronavirus ne doit pas faire perdre de vue les défis dont la lutte contre la dégradation de nos terres et la sécheresse, et surtout la lutte contre la faim.

Le ministre explique que les producteurs d’aliments, de fourrage et de fibres se disputent les terres arables, alors que la demande ne cesse de croître, en raison de la croissance démographique et de l’expansion de la classe moyenne mondiale. Les terres utilisées pour le pâturage et la production de céréales destinées à l’alimentation animale représentent 80 % des terres agricoles mondiales, a-t-il relevé.

Il a rappelé qu’environ 85 % de la fourrure commercialisée à l’échelle mondiale proviennent d’animaux d’élevage. Ce qui requière une production massive de fourrage. En outre, d’ici 2030, l’industrie de la mode devrait utiliser 35% de terres supplémentaires, soit plus de 115 millions d’hectares.

« L’expansion, l’enrichissement et l’urbanisation de la population mondiale font donc exploser la demande de terres destinées à la production d’aliments, de fourrage pour les animaux et de fibres pour la fabrication de vêtements. En parallèle, la santé et la productivité des terres arables existantes se détériorent de jour en jour, surtout avec le changement climatique », a indiqué M. Séka.

Selon lui, le tableau est sombre et indique que plus de deux milliards d’hectares de terres auparavant cultivables sont dégradées, plus de 70 % des écosystèmes naturels ont été transformés et cela pourrait grimper jusqu’à 90 % d’ici à 2050 si l’on n’y prend garde, d’ici à 2030, la production alimentaire nécessitera plus de 300 millions d’hectares de terres supplémentaires, l’industrie de la mode consomme environ 93 milliards de mètres cubes d’eau par an.

« La gestion rationnelle des terres reste une préoccupation de tous les instants qui s’ajoute à la lutte contre la dégradation de celles pour mener à bien toutes les activités susceptibles de favoriser le bien-être des populations aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural », a indiqué Pr Séka Séka.

« Nos modes de consommation et de production ainsi que nos habitudes doivent changer si nous voulons disposer de suffisamment de terres cultivables pour satisfaire aux besoins des dix milliards d’habitants que comptera la planète d’ici 2050 », a poursuivi le ministre.

Selon Joseph Séka Séka, la Côte d’Ivoire qui subit aussi les effets d’autres activités non respectueuses de l’environnement et du changement climatique, est sujette à une forte dégradation de ses sols. La sécheresse sévit dans le pays qui n’est pourtant pas un pays désertique, mais qui a le désert est à ses portes, a-t-il indiqué.

« Nous avons assisté, en espace d’une génération, au déplacement de la boucle du Cacao de l’Est vers l’Ouest accompagné du déplacement massif des populations rurales et des effets des changements climatiques qui modifient régulièrement le calendrier cultural en milieu rural avec pour conséquence la baisse de la productivité des activités agricoles », a assuré M. Séka.

Pour le ministre de l’Environnement, modifier le régime alimentaire et les choix vestimentaires permettrait de libérer des terres qui pourraient alors être utilisées à d’autres fins et de réduire les émissions de carbone. L’évolution des habitudes alimentaires à elles seules pourrait libérer entre 80 et 240 millions d’hectares de terres dans le monde.

« Nous devons changer nos comportements, nos modes de consommation et de production et planifier plus efficacement l’utilisation des terres, en assurer la gestion durable. Cela nous permettra ainsi, de disposer de suffisamment de terres pour satisfaire les besoins élémentaires et d’offrir un plus large éventail de biens et de services aux générations présentes et futures », a-t-il indiqué.

La Journée Mondiale est l’occasion pour tous les pays du monde, de jeter un regard rétrospectif pour apprécier le travail abattu dans le cadre de la lutte contre la désertification et la sécheresse. Ce regard critique permet de faire le bilan des actions déjà menées, mais aussi et surtout, de faire prendre conscience aux populations des impacts néfastes de ces fléaux que constituent la désertification et la sécheresse.

(AIP)

gak/cmas