Côte d’Ivoire-AIP/ L’OMS inquiète de l’impact de la Covid-19 sur les femmes et les filles en Afrique

La directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, Dr Matshidiso Moeti (Ph archive)

Abidjan, 18 juin 2020 (AIP) – L’Organisation mondiale de la santé (OMS) se dit inquiète de l’impact de la Covid-19 sur les femmes et les filles en Afrique et craint que les vulnérabilités ne s’aggravent à mesure que la pandémie submergera les systèmes de santé.

“Nous constatons déjà que l’impact de la Covid-19 sur les femmes et les filles est profond. Les femmes sont touchées de manière disproportionnée par les confinements et cela se traduit par un accès réduit aux services de santé”, a déclaré la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, Dr Matshidiso Moeti, dans un communiqué transmis jeudi à l’AIP.

Des services essentiels tels que l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive ont été perturbés pendant que les efforts se concentrent sur la réduction de la propagation de Covid-19. Les difficultés économiques dues au Covid-19 sont également plus importantes pour les femmes, selon un rapport de la Banque mondiale. Les travailleurs informels, dont la plupart sont des femmes, représentent plus de 90 % de la main-d’œuvre en Afrique subsaharienne. Les emplois du secteur informel sont particulièrement menacés pendant la pandémie.

En outre, les femmes sont plus exposées à la violence sexiste depuis l’épidémie de Covid-19. Une étude récente de l’ONU Femmes a révélé que les rapports de violence contre les femmes, et en particulier de violence domestique, ont augmenté dans plusieurs pays car les inquiétudes en matière de sécurité, de santé et de finances créent des tensions et des pressions accentuées par les conditions de vie exiguës et restreintes imposées par le confinement.

L’OMS s’efforce d’améliorer la santé des femmes et des jeunes filles en Afrique en élaborant des orientations sur les implications du genre, de la violence sexiste et de l’accès à la santé sexuelle et reproductive. “Nous travaillons avec les gouvernements et nos partenaires pour trouver des moyens de continuer à fournir des services essentiels en toute sécurité, notamment en fournissant des équipements de protection individuelle aux travailleurs de la santé, dont beaucoup sont des infirmières et des femmes”, a indiqué Dr Moeti.

Dans l’ensemble de la région africaine, les femmes représentent environ 40% des cas de Covid-19. Ce chiffre varie de 35% dans certains pays à plus de 55% en Afrique du Sud.

(AIP)

ena/kam