Cet article a été publié le: 12/12/20 17:44 GMT

Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ Nicolas Sarkozy condamné à quatre ans de prison dont deux fermes

Abidjan, 12 déc 2020 (AIP)- La justice française a requis mardi 8 décembre 2020 quatre ans de prison, dont deux avec sursis, à l’encontre de l’ex-président de la République Nicolas Sarkozy, jugé pour corruption et trafic d’influence, un procès inédit en France, rapportent des médias français.

À l’issue de près de cinq heures d’un réquisitoire méthodique et aride, le procureur financier Jean-Luc Blachon a requis quatre ans de prison, dont deux avec sursis, à l’encontre de Nicolas Sarkozy.

Il a réclamé les mêmes peines pour les deux autres accusés dans ce procès, l’ex-haut magistrat Gilbert Azibert et Thierry Herzog, avocat historique de l’ancien président, demandant pour ce dernier qu’elle soit assortie de cinq ans d’interdiction professionnelle. Le verdict est attendu le 10 décembre.

« Les faits ne se seraient pas produits si un ancien président, avocat par ailleurs, avait gardé présent à l’esprit la grandeur, la responsabilité, et les devoirs de la charge qui fut la sienne, a lancé le procureur Jean-Luc Blachon.

« La République n’oublie pas ses présidents, ne serait-ce que parce qu’ils font l’histoire. À l’inverse, on ne peut pas admettre d’un ancien président qu’il oublie la République et ce qu’elle porte depuis plusieurs décennies : un État de droit », a-t-il conclu.

Dénonçant les « effets dévastateurs de cette affaire qui vient cogner les valeurs de la République », le magistrat financier a estimé qu’elle avait « abîmé » l’institution judiciaire, la profession d’avocat et l’image présidentielle.

C’est la première fois qu’une peine de prison est requise contre un ancien président sous la Ve République. Dans l’affaire des emplois fictifs, le parquet avait demandé à l’époque la relaxe pour Jacques Chirac, qui avait été finalement condamné.

Pour l’avocate de Nicolas Sarkozy, Me Jacqueline Laffont, le Parquet national financier « a parlé très fort » lors de ses réquisitions, tout simplement pour masquer la faiblesse, les lacunes du dossier.

Les conversations téléphoniques sur lesquelles repose l’affaire, et notamment les échanges entre l’ancien président et son avocat de toujours, sur une ligne secrète, la fameuse ligne Bismuth. Ces discussions, elles, ne prouvent rien, a expliqué ce lundi avec force Nicolas Sarkozy, lors de son interrogatoire. Là où le PNF voit des preuves irréfutables, lui parle de « bavardages », de « bribes de conversation » entre deux amis.-

Me Laffont a promis de démonter les accusations du Parquet national financier lors de sa plaidoirie. Les avocats de la défense auront la parole ce mercredi et jeudi.

(AIP)

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