Côte d’Ivoire-AIP/ Covid 19 : Le SOAC pointe la faiblesse du nombre de laboratoires de biologie médicale

Abidjan, 03 juin (AIP)- Le directeur général du Système ouest africain d’accréditation (SOAC), Marcel Gbaguidi, affirme que le COVID19 a permis de démontrer que les laboratoires de biologie médicale dans l’espace UEMOA et CEDEAO sont très peu nombreux.

« Dans la zone UEMOA, on a très peu de laboratoires accrédités dans le domaine de la biologie médicale. En Côte d’Ivoire, l’Institut Pasteur et Retrovirus Côtre d’Ivoire (RETROCI) sont engagés dans la lutte contre le Covid-19. Mais le Covid-19 a permis de noter que les laboratoires de biologie médicale dans notre espace UEMOA et CEDEAO sont très faibles. On se rend compte aujourd’hui qu’il est indispensable d’avoir des laboratoires accrédités pour faire face à ce type de crise » a expliqué, samedi, M. Gbaguidi, lors d’une e-conférence de presse avec des journalistes ivoiriens.

A titre de comparaison un seul pays développé (qu’il n’a pas cité) a mobilisé près de 800 laboratoires accrédités pour faire face à la crise. Mais les huit pays de l’UEMOA et les 15 de la CEDEAO, comptent 18 laboratoires accrédités dont huit en Côte d’Ivoire, la plupart dans le domaine agroalimentaire et de l’investigation criminalistique.

Le SOAC joue un rôle primordial dans cette crise sanitaire mondiale : « Il s’agit non seulement de travailler au niveau local mais également de participer aux efforts de la CEDEAO qui a mis en place une taskforce pour travailler dans le domaine de la qualité et le SOAC a été convié. Nous avons pu être associé à la publication de normes régionales dans le domaine des masques à usage non sanitaires mais aussi des gels hydroalcooliques, des produits très utilisés et qui nécessitent d’être encadrés ».

Aussi, « le conseil d’administration du SOAC a-t-il autorisé le renforcement des capacités d’une trentaine de techniciens de laboratoires de biologies médicales par pays dans les domaines de l’accréditation mais aussi dans les domaines de la sécurité laboratoire parce qu’ils sont très exposés, un effort estimé à près de 162 millions de FCFA », a révélé directeur général.

En matière d’accréditation, la Côte d’Ivoire, où le SOAC a démarré ses activités en 2018, se distingue par rapport aux autres pays de l’UEMOA. « Vous avez été retenu pour le siège du SOAC et au niveau réglementaire, la Côte d’Ivoire a pris une loi en 2013 pour rendre obligatoire l’accréditation pour l’ensemble des organismes d’évaluation de la conformité. C’est à dire non seulement des laboratoires mais aussi les organismes de certification et aussi des organismes d’inspection », a félicité Marcel Gbaguidi.

A en croire M. Gbaguidi, « si par exemple dans un pays vous avez cinq ou six laboratoires, cela n’a pas de sens d’avoir un organisme financé avec toutes les charges qui vont avec pour un seul Etat. Pour cela, l’UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) a créé le SOAC ».

Ce mécanisme sous-régional est compétent pour l’accréditation dans tous les domaines d’évaluation de la conformité, un atout pour engager tout le monde à développer les questions de qualité et d’accréditation « incontournables aujourd’hui où chacun doit jouer son rôle pour, in fine, être tous protégés ».

(AIP)

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