Burundi / L’ONU demande au gouvernement d’autoriser des experts à enquêter sur les violations des droits humains

Abidjan, 27 jan (AIP) – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a déploré mardi le contretemps subi par une mission de trois experts indépendants chargés d’enquêter sur les violations et abus commis récemment au Burundi et a appelé les autorités de ce pays à leur accorder sans tarder des visas.

Conformément à une résolution du Conseil des droits de l’homme de l’ONU du 17 décembre dernier, le HCDH a « mis sur pied une équipe constituée de deux rapporteurs spéciaux et d’un membre de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples », a déclaré une porte-parole du HCDH, Cécile Pouilly, lors d’un point de presse à Genève.

Selon elle, ces experts ont été mandatés pour enquêter sans retard sur les violations des droits de l’homme et abus commis au Burundi, faire des recommandations afin d’améliorer la situation en matière de droits humains et ouvrir un dialogue avec les autorités et d’autres acteurs pertinents sur la crise actuelle.

Le Haut-Commissaire avait demandé au gouvernement du Burundi d’autoriser l’équipe d’experts à commencer sa première mission au Burundi lundi, pour faire un rapport oral en mars lors de la prochaine session, mais l’équipe n’a pas été en mesure de se déployer, du fait de l’absence de réponse des autorités burundaises jusqu’à présent, a précisé la porte-parole.

« Nous regrettons ce retard et craignons qu’il n’entrave la capacité de l’équipe d’experts à s’acquitter de son mandat et à soumettre son rapport au Conseil de manière appropriée et dans les délais voulus. Nous espérons que les autorités burundaises prendront toutes les mesures nécessaires, y compris l’octroi de visas, afin de permettre le déploiement rapide des experts sur le terrain », a-t-elle conclu.

Le Burundi traverse une grave crise politique depuis que le Président Pierre Nkurunziza a pris la décision en mai 2015 de solliciter un troisième mandat présidentiel qu’il a obtenu en juillet. Au moins 400 personnes ont trouvé la mort, et environ 220.000 personnes ont cherché refuge dans les pays voisins et des milliers d’autres déplacées  internes.

(AIP)

kam